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DRUMMING THROUGH THE DECADES (La batterie à travers les décennies)

Épisode 6- Les années 50

Les changements de couleurs correspondent à la progression des sous-titres en Anglais dans la vidéo.

 

Les années 50 virent l'émergence d'une nouvelle génération de musiciens appeler les « teeny Boppers » (ados qui dansent le Bop) qui construisaient leur identité à travers un son révolutionnaire le rock n’roll. Cette musique avait une telle puissance qu'elle modifia à la musique sans retour possible

Avec ce nouveau style, de nombreuses musiciennes Luttèrent pour se faire leur place dans le monde du rock. Nous verrons aussi l'invention de la double grosse-caisse et l'arrivée des peaux synthétiques.

Mon nom est Vicky O'Neon batteuse et prof de batterie. Tout ceci et bien plus encore dans l'épisode qui suit.

GENERIQUE

Épisode 6 : 1950-1960

  1. Un challenge pour les musiciennes

Au début des années 50, beaucoup de musiciennes avaient perdu leur emploi à mesure que l'engouement pour les orchestres exclusifs de femmes des années 30 et 40, perdait considérablement de sa force.

L’opinion générale, si l’on en croit les magazines musicaux spécialisés était que les femmes ne pouvaient pas rivaliser avec leurs homologues masculins.

Il y eut bien quelques orchestres de femmes avec leurs batteuses qui survécurent grâce aux comédies musicales et aux productions d'Hollywood pour la télévision. Ces programmes étaient limités à la côte ouest des États-Unis, une région beaucoup plus « féministe » en termes de divertissements.

Par ailleurs, les orchestres de femmes afro-américaines étaient maintenant interdits, faisant d'elles les victimes de la ségrégation culturelle des années 50.

La frilosité des annonceurs publicitaires des shows télévisés à soutenir les artistes noirs n'arrangea rien. Et pourtant la musique que jouait principalement les groupes, venait clairement des influences afro-américaines.

De quoi devenir dingue ! C'est quoi votre opinion là-dessus ? Réagissez ci-dessous.

 Quelques années plus tard (on était toujours dans les années 50) les choses commencèrent à changer et la télévision joua un grand rôle dans ces évolutions.

Les musiciens et les groupes se faisaient maintenant connaître à travers le monde par les écrans de télévision et les stations de radio grand public ajoutèrent à leurs programmes les chansons du Rythm’n Blues.

Enfin ! Au bout du compte, les radios diffusèrent même des shows mixtes de R'n'B ou blancs et noirs chantaient ensemble.

2 - Les batteuses deviennent des acteurs majeurs

Kay Carlson est la première à être « endorsée » (soutenue par contrat publicitaire – Le terme sponsorisé est utilisé plutôt en sport et reste un anglicisme- Note du traducteur) par la firme Ludwig. Cette compagnie avait inventé la pédale de grosse caisse et l'ensemble de batterie (drum-kit-voir épisode 2)

Kay n’était pourtant pas dans le style de musique de la période et fonda son Big Band comprenant 19 musiciens. Elle participa également à des shows de télévision dont le « Spade Cooley show » très fameux à l’époque.

La compagnie d’articles de percussion REMO, attribua à Kay Carlson son trophée d'excellence en tant qu'instructrice de percussion en 1989.

Le Los Angeles Times la reconnut également comme une remarquable innovatrice qui avait permis de mettre le pied à l’étrier à de nombreuses musiciennes où qu’elles soient. Dottie Dodgion la Californienne, est également une batteuse avant-gardiste de cette époque réputée pour la versatilité de son jeu ; adolescente elle avait joué avec Charlie Mingus et ensuite avec Benny Goodman et aussi les frères Breckers prêtant son concours à de nombreux autres groupes. Dans ses jeunes années elle était connue pour l’élégance de son jeu aux balais. Elle n'a jamais cessé de se produire tout au long de sa vie. Elle sortit un album vocal original en 1996 à l’âge de 77 ans. Waouh!!!

Je voudrais également rendre hommage à sheelag Pearson de l'autre côté de l'Atlantique qui fut élue meilleur batteuse de Grande-Bretagne en 1954 dans le cadre du sondage du magazine « Melody Maker ».

Elle a joué avec Ivy Benson, également  le quartet de Lena Kidd et le big band féminin de Dyna Dee dans les années 50. Elle a continué sa carrière jusqu'en 2004 et a pris sa retraite dans le Devon après avoir joué avec le « Sidmouth Town Band » en tant que percussionniste.

 Waouh !  Que des batteuses fantastiques dans ce chapitre !

3 - ROCKABILLY

le rockabilly est un style qui s'est développé dans le sud des États-Unis, s'inspirant essentiellement de la country ; avec l'ajout de la batterie et un son un peu plus musclé, le rockabilly tenait sa particularité. C'est la batterie qui a joué un rôle prédominant dans l'évolution du rockabilly. Pour ceux qui ne connaissent pas grand-chose à la country music, il faut savoir que ce style avait son origine dans des musiques acoustiques d’Europe. Au tout début les musiciens ont résisté à l'introduction de la batterie mais dans les années 50 d'autres styles étaient franchement appréciés pour leur adoption de la batterie et la country s'est rangé à l'ambiance de l'époque. Sous peine de devenir une musique vieillotte, ils ont incorporé l'instrument eeeet surtout les roulements.

Ce jour-là le rockabilly est né. Une maison de disque à Memphis Tenessee, appelée « Sun Records » a joué un grand rôle pour promotionner ce style. Ses artistes avaient pour nom Elvis Presley Johnny Cash et Jerry Lewis.

Que diriez-vous d'un petit tour que je vous montre un peu, à quoi ressemble la batterie Rockabilly ?

Au tout début ce n'était pas la batterie qui tenait le cœur rythmique du Rockabilly. C'était plutôt la contrebasse qui claquait ses notes (« slap ») ; la pulsation rythmique avait été créée de cette manière dans la country.

Donc, au tout début du rockabilly, la batterie se contentait des balais parce que les autres musiciens n'avaient aucune envie de voir la batterie prend trop de place. En combinant le « Slap » de la contrebasse avec les notes étouffées de la guitare et les balais, et en y mêlant le picking cocotte d’une autre guitare par-dessus, on obtenait un son qui n'était pas tout à fait du Rythm’n Blues, pas tout à fait de la Country, mais un truc spécial qu’on a appelé le Rockabilly.

Je voudrais vous montrer une des pulsations qui était couramment utilisée dans la Country : le « Train beat ».

Ce rythme était principalement joué sur la caisse claire et  donnait l’impression de ne jamais devoir s'arrêter en donnant la sensation de quelqu'un qui traîne les pieds (« shuffle » veut dire traîner les pieds en anglais.) en sonnant comme le bruit d'un train qui roule.  d'où son nom. (Démonstration)

Et voici la même chose dans son contexte : « Folsom prison blues » de Johnny Cash. (Démonstration)

4- Hommage à Sparkle Moore

Sparkle Moore fût l'une des rares chanteuses de rockabilly, la version féminine d'Elvis Presley disait-on parfois. Elle avait une voix puissante et s'habillait en homme, une tenue le plus souvent en cuir.

Les chansons de Sparkle comme « Skull and crossbones (tête de mort et fémurs croisés) » et « Killer (tueur) » sont écrites de sa main et très polémiques. Certains disaient que c'était une véritable punk avant l'heure.

A cette époque où les chanteuses portaient uniquement des robes, Sparkle sortait vraiment du lot.

Dans une interview du magazine « kicks » Sparkle se rappelle comment elle créait la panique chez les gens juste en portant des habits d'hommes. Ils venaient me voir dans des endroits où je jouais, en me demandant si je ne pouvais pas au moins porter quelque chose de plus sexy comme une tunique par exemple. Pas question que je change ! Je portais toujours un costume strict et je disais : c'est le plus sexy que je puisse faire !

En 2010 elle fut honorée par son entrée au « Rock n' roll Hall of Fame » de l’Iowa et la même année elle sortit un album « Spark-A-Billy » qui comportait 22 titres de rétrospective qu'elle avait écrit et enregistrée. C'est vraiment réconfortant de voir que Sparkle continue à faire de la musique selon ses propres règles.

5- Rock n' Roll

Alors il faut bien en venir au rock n' roll ! Cette musique est l'origine de tellement de styles depuis des années 50 jusqu'à aujourd'hui. L'une de ses origines se trouve dans le rythme and blues mais tout autant dans le Gospel le Jump Blues, le Jazz, le Boogie-Woogie la Country-music et le Rockabilly.

Bien sûr, on entend les éléments fondateurs du Rock dans les enregistrements de Blues dès les années 20 et dans les albums de Country des années 30.

Pourtant le nom de « Rock’n’roll »  n’est pas attribué avant  1954. Cette année- là sort « Rock around the clock » de Bill Haley and the Comets.  

Ce morceau est considéré comme le premier enregistrement officiel du Rock n' Roll ; il est un véritable patchwork de styles différents orchestrés par Bill Haley ancien chanteur de country qui jouait de la guitare acoustique. On entendait dans le morceau un sax ténor bien présent, joué dans un style Rhytm’n Blues, une « Slapping Bass »(Basse claquée), comme dans le rockabilly, une pédale « Steel Guitar » tout droit venue du country et des influences de jazz sur le solo de guitare. Le batteur lui jouait dans le style swing, que ce soit dans l'accompagnement ou dans ses roulements.

En mettant tout cela ensemble, vous obteniez quelque chose de vraiment unique ; toute cette nouveauté avait un caractère révolutionnaire, avec la puissance et l'autorité de ce qui allait devenir le Rock n’Roll.

Pour asseoir le tout, cette chanson était le thème principal d'un film de teenager « blackboard jungle » que les jeunes adolescents adoraient. Le film permit au Rock n’Roll de toucher le grand public et alimenta son assise en tant que style musical.

6- Rosetta Tharpe

La sœur Rosetta Tharpe est un personnage-clé du développement du Rock'n Roll. Son jeu de guitare électrique lui a valu d'être fréquemment désignée comme la marraine du Rock n’Roll.

Elle était une pionnière en ce qui concerne ses techniques de guitare ; elle fut parmi les premières artistes à succès à utiliser la distorsion de manière massive dans ses enregistrements, avant même l'avènement du blues électrique.

Elle avait commencé à enregistrer à la fin des années 30 et en 45 elle connut un titre majeur avec « Strange things happen everyday. » (Des choses étranges arrivent chaque jour) ; ce titre était le premier « Gospel » enregistré, à percer au grand jour. avec une deuxième place du « Billboard race record chart » (classement des meilleures ventes d'album), classement qui deviendrait plus tard le très connu « R&B Charts ».

Cet enregistrement a été qualifié de précurseur du Rock n’Roll. Il est même considéré par certains comme le premier rock, avant « Bill Haley and the comets. ».

Donc, encore une fois, on peut constater que les musiciens afro-américains menaient le bal, mais que c'était les blancs qui récoltaient les fruits du succès. Finalement en mai 2018, Rosetta Tharpe a été inscrite au Rock n’Roll Hall of Fame » en tant qu'artiste précurseur.

Je vous recommande chaleureusement l’écoute de Rosetta Tharpe avec quelques-uns de ses enregistrements incroyables, qui mettent en avant son jeu de guitare.

 

7 – Les Teeny boppers (les jeunes danseurs de Bop)

Dans les années 50, le prix des disques chuta radicalement, ce qui rendit possible un accès facile à toutes sortes de musique. Dans le même temps, toute une génération de familles de la classe moyenne voulait donner, à la suite des privations de la Seconde Guerre mondiale, une priorité absolue à leurs enfants en leur permettant de profiter de leur jeunesse au lieu d'être contraint de travailler immédiatement. Les parents leur donnaient même de l'argent de poche pour qu'ils puissent acheter des disques.

Les artistes noirs comme Chuck Berry, Bo Didley et Little Richard ont tous composé à peu près au même moment, des musiques correspondant à ce nouveau phénomène démographique : Les Teenagers.

Les maisons de disques ont tout de suite vu l'opportunité d'exploiter ce fait de société. Elles assurèrent le marketing de groupes qu’elles avaient créé, sous le nom de « Teeny Boppers ».

Les paroles des chansons tournaient toutes autour des amours adolescentes, des cœurs brisés, et invitaient les ados à profiter de leur jeunesse. Il fallait des mélodies simples et des rythmes qui pouvaient se danser.

De ce point de vue le Rock n' Roll était directement conçu pour les teenagers et se répandit à vitesse grand V dans la jeunesse, en se reflétant dans leur mode de vie.

La plupart des américains demandaient encore la vibration de la Swing musique mais ne voulait plus être tournés vers le passé.

De nouveau c’est la musique inspirée par les afro-américains qui prit le pas.

Le mieux est de mettre ses chaussures de danse et de m'accompagner dans mon studio pour voir tout ça.

Voyons un déterminant de l'évolution du Rock n’Roll vers le rock à proprement parler. Dans l’époque précédente, la manière de « traîner lourdement les pieds » avec ce rythme Shuffle, se mit à évoluer vers quelque chose de plus droit et frénétique.

Cependant une période de transition permit d'entendre le « Shuffle » ce rythme rebondissant, qui se transformait progressivement en une dynamique de plus en plus droite.

Je vais vous montrer la différence entre les deux sur la batterie. Voici le « shuffle rebondissant et ternaire » (Démonstration) et si je le transforme progressivement en binaire beaucoup plus droit. (Démonstration), vous voyez qu’on débouche sur un rythme de Rock. (Démonstration continuée).

Et pour accompagner ce Rythme (« groove ») plus droit, on commence également à utiliser les roulements de batterie, qu’on a plus l’habitude d’entendre aujourd’hui. Les roulements se terminent sur le premier temps avec une cymbale crash, ce qui était révolutionnaire à l’époque mais devint la manière habituelle de jouer ensuite.

Un roulement sonnera désormais, à peu près comme ce qui suit. (Démonstration).

À la fin des années 50, les batteurs commençaient à s'identifier eux-mêmes comme des batteurs de Rock n'Roll, c’était le début de l’évolution vers la musique Pop moderne et l’avènement du style de batterie Rock. (Démonstration sur « Rock a Bop » de Sparkle Moore.)

8- La double grosse caisse

Je voudrais aller un peu plus loin pour les (« geeks ») connaisseurs en vous parlant de ce qui se tramait pour le matériel de batterie dans les années 1950. En effet, c’est à ce moment que la double grosse caisse fut inventée ; on peut en attribuer la paternité à Louie Bellson.

Il préférait utiliser deux grosses caisses plutôt que la double-pédale que nous utilisons plutôt aujourd'hui.

Louie Bellson jouait avec Duke Ellington et figurait sur sa propre composition « Skin Deep » sur l'album du Duke ; ce morceau lui permit de démontrer tout son talent à la double grosse caisse.

C'était la première fois qu'une double grosse caisse était franchement utilisée sur un disque et le succès remporté conduisit aux évolutions des styles en double grosse caisse d'aujourd'hui.

9- les peaux synthétiques

Les peaux synthétiques sont une autre invention intéressante des années 50. Les batteurs s'étaient longtemps arraché les cheveux avec les problèmes d’accordage des peaux de frappe.

Les peaux fabriquées en véritable cuir, réagissaient à l'humidité, aux moisissures et à la chaleur. Très souvent, dans les clubs, la température montait rapidement avec la chaleur et la sueur que dégageaient les danseurs en s’agitant. Les peaux de batterie se détendaient progressivement, jusqu'à ce que vous deviez arrêter de jouer pour les accorder à nouveau.

C'est en 1956 qu’apparaissent les premières peaux synthétiques-étanches (« waterproofs »). Peu après, la firme REMO crée les « all weather Mylar drumheads » peaux tout-temps en Polyester ; Cette matière « le Mylar» était fabriquée par « DUPONT » et permettait d’obtenir des peaux inhabituellement durables, pas chères et résistantes aux intempéries. D’où leur nom toujours utilisé aujourd'hui « Weather  King » (Roi du temps) J’aurais autant aimé « weather Queen » (Reine du temps). Non ? Peut-être que Remo y viendra prochainement.

10- le Rock n’Roll féminin

On a très peu d'exemples de femmes dans le Rock n’Roll des débuts.

Et encore moins de batteuses de Rock !

Les femmes de cette première décennie du rock subissaient encore la pression des années d’après-guerre aux Etats-Unis où elles devaient simplement trouver un mari, avoir des enfants et s'installer comme femme au foyer.

Lucy O’Brien le raconte dans son livre « She Bop, the Definite history of woman in Rock, Pop and Soul » :  Le rock était bien trop rigoureusement défini comme un truc d'homme, pour qu'une femme puisse y trouver une place intéressante. Cela a probablement été tout particulièrement exact pour les batteuses, qui devaient non seulement combattre les préjugés sexistes concernant leur instrument, mais aussi la sensation de ne pas être assez virile (couillues)pour incarner les codes de cette musique.

Une exception à ce stade précoce du Rock n’Roll existe, avec Claire lane, batteuse, qui créa le groupe les « Ramrods » avec son frère dans le Connecticut en 1956. Ils connurent Le succès avec un Hit « Ghost Rider in the sky ».

Claire Lane continua sa carrière solo comme chanteuse dans les années 60. Bravo à vous Claire Lane !

Générique / Episode 7 1960-1970

Dans les années 60 par contre, nous allons commencer à voir les contributions d'un nombre grandissant de femmes à ce genre dominé par les hommes nous en verrons plus dans le prochain épisode.

 Merci beaucoup pour votre écoute. Vos commentaires et avis ci-dessous. Merci de vous abonner et de liker. Si vous n'avez pas vu les épisodes précédents faites-le donc, maintenant.

 Je vous vois la semaine prochaine. Bye-bye !

 

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